D46 — Semi-Slav Defense: 6…Bb4
1. d4 d5 2. c4 c6 3. Nc3 Nf6 4. e3 e6 5. Nf3 Nbd7 6. Bd3 Bb4
Eval: +0.25
Variante Romih — 6…Fb4
Après 1.d4 d5 2.c4 c6 3.Cc3 Cf6 4.e3 e6 5.Cf3 Cbd7 6.Fd3 Fb4, les Noirs exercent une pression directe sur le Cavalier c3 — le pilier du centre blanc.
Cette variante porte le nom de Max Romih (1893-1979), maître italien d’origine croate, né à Pinguente en Istrie sous l’Empire austro-hongrois. Après la Première Guerre mondiale, l’Istrie devint italienne et sous le fascisme Romih italianisa son nom en Massimiliano Romi. Il joua pour l’Italie à 5 Olympiades et resta actif jusqu’à 77 ans. Un personnage fascinant de l’histoire des échecs.
La variante a connu ses heures de gloire dans les années 1970-1980 (30 à 45% des parties). Mais l’histoire a tranché : de 45% (1980s) à 4% (2020s). La théorie a montré qu’après a3, les Blancs obtiennent la paire de Fous dans une structure favorable. Surprise des 2020s : a3 remonte à 23% chez l’élite.
Plans des Blancs

O-O — le roque tranquille (67%) : Les Blancs ignorent Fb4 et roquent. Le Fou en b4 n’est pas si bien placé : il ne vise rien après O-O et devra se replier. Les Blancs préparent ensuite Dc2, e4 avec un jeu naturel.
a3 — la question au Fou (22%) : Force le Fou à prendre en c3 ou se replier. Après Fxc3+ bxc3, les Blancs ont la paire de Fous et le centre. C’était le coup de Kasparov, Garry et Tal, Mikhail — en hausse spectaculaire : 4% (2010s) à 23% (2020s).
Dc2 — la batterie directe (5%) : Combine la menace sur h7 avec la question implicite au Fb4. Résultats excellents : 64% pour les Blancs.

Plans des Noirs

Maintenir la pression sur c3 : Le Fb4 cloue le Cc3 et empêche e4. Les Noirs espèrent que les Blancs perdent un tempo avec a3 pour résoudre la tension.
Après a3 Fxc3+ : Les Noirs abandonnent la paire de Fous mais doublent les pions blancs sur la colonne c. Le plan est …dxc4, …e5 pour ouvrir le jeu et exploiter la faiblesse des pions doublés. En pratique, les Blancs compensent largement.

Thèmes stratégiques

Pression sur c3 · Paire de Fous · a3 question au Fou · Pions doublés · Variante Tal · Déclin historique

Analyse statistique de la position
Répartition par niveau — 843 parties
Coup Total <1800 1800-2200 2200-2600 2600+
O-O 66.5% (561) 69.4% 70.5% 67.3% 33.3%
a3 22.2% (187) 16.7% 13.5% 26.5% 66.7%
Dc2 5.3% (45) 4.2% 7.5% 3.3%
Fd2 5.1% (43) 9.7% 7.1% 2.4%
Évolution par décennie (2400+)
Coup 1970s 1980s 1990s 2000s 2010s 2020s
O-O 61% 50% 61% 71% 81% 73%
a3 35% 46% 25% 13% 4% 23%
Fd2 3% 5% 8% 8% 5%
Dc2 2% 1% 8% 7% 6%
Tendances récentes (2010s → 2020s)
Coup 2010s 2020s Tendance
a3 4.4% 22.7% ▲ +18.3%
O-O 80.5% 72.7% ▼ -7.8%
Dc2 6.3% 0.0% ▼ -6.3%
Fd2 8.2% 4.5% ▼ -3.6%
Histoire de la position

La première partie connue avec 6…Fb4 remonte à 1894 : Pillsbury, Harry face à Albin à New York — victoire des Blancs avec O-O.
Mais c’est dans les années 1970-1980 que Fb4 atteint son apogée. La réponse a3 pesait 35% (1970s) puis 46% (1980s) — presque un coup sur deux. Tal, Mikhail y jouait exclusivement a3 : 5 parties, 5x a3, invaincu (+3 =2). Kasparov, Garry aussi : 2 parties, 2x a3, 2 victoires dont une contre Van der Wiel en 1987.
Le déclin est brutal. Dans les années 1990, O-O reprend le dessus à 61% et a3 tombe à 25%. Dans les 2000s, O-O domine à 71%. En 2010, O-O atteint 81%.
Mais surprise des années 2020 : a3 remonte à 23%. L’élite redécouvre le coup de Kasparov : chez les 2600+, a3 est joué à 67% avec 67% de gains blancs. O-O ne fait plus que 33% avec 100% de nulles.
Chez les 2600+, les deux camps sont clairs : Kasparov, Garry et Korchnoi, Viktor jouent a3, Portisch, Lajos et Karpov, Aleksandr préfèrent O-O. Le style détermine le choix.

Les coups candidats
7.O-O — Le roque tranquille (66.5%, 561 parties)

Le coup le plus joué à tous les niveaux sauf l’élite. Les Blancs ne forcent pas la question et comptent sur le développement naturel. Résultats : 50% blancs, 29% nulles, 22% noirs.
Chez les 2200-2600, les Blancs marquent 39% avec 39% de nulles — plus équilibré qu’il n’y paraît.
Chez les 2600+ : seulement 3 parties, toutes nulles. L’élite ne joue presque plus O-O ici.
Ambassadeurs : Uhlmann, Wolfgang (7x, +4 =2 -1), Najdorf, Miguel (4x, +4 =0 -0, 100% victoires), Seirawan, Yasser (3x, +2 =1), Korchnoi, Viktor (2x sur 3 en O-O), Euwe, Max (2x, +1 =1).

7.a3 — La question au Fou (22.2%, 187 parties)

Le coup de l’élite. Tendance fascinante : 35% (1970s) → 46% (1980s) → effondrement à 4% (2010s) → résurrection à 23% (2020s). Chez les 2600+, c’est le coup majoritaire à 67%.
Après a3, les Noirs doivent choisir : Fxc3+ (paire de Fous contre pions doublés) ou Fe7/Fd6 (reculer et perdre un tempo). En pratique, les Blancs scorent bien dans les deux cas.
Résultats : 48% blancs, 35% nulles — avantageux pour les Blancs.
Signatures : Tal, Mikhail (5x, 100% a3, invaincu +3 =2), Kasparov, Garry (2x, 100% a3, +2 =0), Botvinnik, Mikhail (2x, a3, +1 =1), Bronstein, David I (2x, a3, 2 nulles), Taimanov, Mark E (2x, a3, +1 =1).

7.Dc2 — La batterie directe (5.3%, 45 parties)

Combine la menace Fxh7+ avec la pression sur le Fb4. Résultats impressionnants : 64% pour les Blancs, seulement 13% de gains noirs. Première occurrence : Berger vs Chigorin, Mikhail en 1905 à Barmen.

7.Fd2 — Le développement calme (5.1%, 43 parties)

Propose l’échange des Fous de cases noires. Résultats mitigés : 47% blancs mais 37% de gains noirs. Gligoric, Svetozar l’a essayé 2 fois en 1960 contre Evans — 2 défaites.

Joueurs célèbres dans cette position
Champions du monde

Kasparov, Garry — 2 parties (1986-1987), a3 (2x). 2 victoires. Le champion du monde ne laisse aucun doute : a3 est la bonne réponse.
Tal, Mikhail — 5 parties (1953-1966), a3 (5x). Invaincu : +3 =2. Le magicien de Riga fidèle à a3 pendant 13 ans.
Botvinnik, Mikhail — 2 parties (1948-1952), a3 (2x). +1 =1.
Petrosian, Tigran V — 2 parties (1955-1964), O-O (2x). +2 =0. Le style positionnel préfère O-O.
Smyslov, Vladimir — 1 partie (1986), O-O. +1 =0.
Karpov, Aleksandr — 1 partie (1973), O-O vs Tal. Nulle.
Euwe, Max — 2 parties (1923-1937), O-O (2x). +1 =1.
Alekhine, Alexander — 1 partie (1942), O-O. +1.

Super-GM et spécialistes

Korchnoi, Viktor — 3 parties (1986-1987), O-O (2x) + a3 (1x). Invaincu : +2 =1.
Uhlmann, Wolfgang — 7 parties (1953-1968), O-O (7x). Le spécialiste absolu de O-O. +4 =2 -1.
Najdorf, Miguel — 4 parties (1941-1948), O-O (4x). 100% victoires : +4 =0.
Seirawan, Yasser — 3 parties (1985-1987), O-O (3x). +2 =1.
Donner, Jan-Hein — 2 parties (1953-1963), a3 (2x). +2 =0. Pionnier de a3 — première occurrence 2400+ en 1953.
Bronstein, David I — 2 parties (1947-1955), a3 (2x). 2 nulles.
Portisch, Lajos — 2 parties (1960-1986), O-O (2x). 2 nulles.
Larsen, Benjamin Holsko — 2 parties (1986-1987), O-O (2x). +1 =1.

Parties historiques
O-O — 66.5% (561 parties)

1894 — Pillsbury, Harry vs Albin — 1-0 — New York
1908 — Salwe vs Rabinovich, Alexander — 1/2-1/2 — Prague
1911 — Vidmar, Milan Sr vs Marshall — 1-0 — Karlsbad
1923 — Euwe, Max vs Van Hartingsvelt, H — 1-0 — Amsterdam
1930 — Araiza Munoz, Jose Joaquin (2013) vs Romi, Massimiliano — 1-0 — San Remo

a3 — 22.2% (187 parties)

1947 — Bronstein, David I vs Taimanov, Mark E — 1/2-1/2 — URS Ch semi-final
1947 — Kottnauer, Cenek vs Kotov, Alexander A — 1/2-1/2 — Chigorin Memorial
1948 — Ernst, Wilhelm vs Rautenberg, Wilhelm — 0-1 — Duisburg
1948 — Kottnauer, Cenek vs Van Scheltinga, Theo — 0-1 — Beverwijk
1948 — Botvinnik, Mikhail vs Reshevsky, Samuel — 1/2-1/2 — ?

Dc2 — 5.3% (45 parties)

1905 — Berger, Jacob vs Chigorin, Mikhail — 1-0 — Barmen
1931 — Stahlberg, Gideon vs Lundin, Ernst — 1-0 — ?
1934 — Fairhurst, William vs Winter, William — 0-1 — BCF Ch
1949 — Richter, Emil vs Van Scheltinga, Theo — 1/2-1/2 — Prague
1950 — Bondarevsky, Igor vs Szabo, Ladislav — 1/2-1/2 — Schiavno Zdroj

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